Dans le langage populaire, les jardins et le Quartier de la Piraille sont appelĂ©s « Pays des Choucas », du nom de cet oiseau gris très foncĂ©, aux yeux pâles, très prĂ©sent dans la rĂ©gion. Pour Fluide, Charlotte Beaudry rĂ©alise une peinture monumentale qui salue la prĂ©sence de l’oiseau roi des lieux. La palette de couleurs est volontairement rĂ©duite ; le fond lĂ©gèrement vert-grisonnant donne un ton un peu inquiĂ©tant Ă  l’ensemble. Pour les oiseaux, Charlotte Beaudry a privilĂ©giĂ© une interprĂ©tation stylisĂ©e, librement inspirĂ©e du choucas mais aussi de la merlette, femelle du merle prĂ©sent sur le drapeau de la ville de Thuin. Sa composition suggère le mouvement, comme un arrĂŞt sur image. Les oiseaux en plein vol semblent entamer un combat avec l’illusion de l’espace pictural. L’artiste rĂ©duit leur apparence et limite la rĂ©alitĂ© aux traits qu’elle veut bien montrer. En Ă´tant les dĂ©tails au profit d’une silhouette et en jouant de l’espace dĂ©fini par la façade de cette habitation privĂ©e servant de cadre Ă  sa peinture, Charlotte Beaudry dissimule autant qu’elle montre. Il Ă©mane de l’ensemble une vitalitĂ© contagieuse, Ă©mouvante et brutale, qui ne laisse pas indiffĂ©rent. Du Chant des Oiseaux, de la rue Saint-Jacques ou du bas des Jardins suspendus en longeant la Biesmelle, le promeneur perçoit ces silhouettes comme des ombres portĂ©es, une trace du passage des oiseaux Ă©parpillĂ©s, comme les notes d’une orchestration bruitiste sur une partition. Car il est Ă©galement question de son dans la fresque de Charlotte Beaudry… Levez les yeux et tendez l’oreille. Ils sont lĂ , près de vous!

Arts actuels en terre médiévale